Fin des voitures thermiques en 2035 : ce que dit vraiment la loi européenne
19 mai 2026
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Fin des voitures thermiques en 2035 : ce qui s'arrête, ce qui continue, ce que ça change pour vous
L’échéance de 2035 fait couler beaucoup d’encre, souvent anxiogène. Que vous rouliez en essence, en diesel ou en électrique, une question revient : pourrai-je encore conduire ma voiture après 2035 ? La réalité est beaucoup moins brutale que les titres de presse le laissent croire. Voici ce que prévoit vraiment le règlement européen, ce qui va changer pour vous, et pourquoi passer à l’électrique dès maintenant reste la décision la plus rationnelle.
Que dit vraiment le règlement européen sur la fin des voitures thermiques ?
Adopté le 28 mars 2023 et entré en vigueur en avril 2023, le règlement (UE) 2023/851 fixe un objectif clair : à compter du 1er janvier 2035, les constructeurs ne pourront plus vendre en Europe de voitures particulières neuves ni de véhicules utilitaires légers neufs émettant du CO2 à l’échappement. Concrètement, cela signifie la fin de la commercialisation des voitures neuves à essence, diesel, hybrides classiques et hybrides rechargeables thermiques.
Ce que le règlement ne dit pas, et c’est fondamental, c’est qu’il n’interdit pas de rouler en thermique après 2035. Votre voiture actuelle, ou celle que vous achèterez d’ici 2034, pourra continuer à circuler tant qu’elle passe le contrôle technique et respecte les règles locales (assurance, Crit’Air, ZFE). Autrement dit, 2035 marque la fin d’une offre commerciale, pas la mise à la casse du parc existant.
Le règlement ne concerne par ailleurs que les véhicules légers. Poids lourds, autocars et deux-roues relèvent d’autres textes européens, avec des calendriers plus progressifs. Source : Parlement européen, règlement (UE) 2023/851.
Clause de revoyure 2026 et exception e-fuels : l'assouplissement en cours
Le règlement 2023/851 prévoyait dès le départ une clause de revoyure permettant à la Commission européenne de réexaminer la trajectoire en 2026. Cette clause vient d’être activée : fin 2025, la Commission a confirmé qu’elle rouvrirait le dossier, et en mars 2026, elle a présenté un paquet d’accélération industrielle pour la filière automobile. Le texte de 2035 reste en vigueur, mais plusieurs options sont sur la table : maintien des hybrides rechargeables au-delà de 2035, critères de contenu local, reconnaissance élargie des carburants décarbonés.
En parallèle, dès mars 2023, un compromis a été trouvé sous la pression de l’Allemagne pour permettre, après 2035, la vente de voitures thermiques neuves à condition qu’elles fonctionnent exclusivement aux carburants de synthèse, ou e-fuels. Ces carburants sont fabriqués à partir d’hydrogène et de CO2 capté dans l’atmosphère : leur bilan carbone peut être quasi neutre si l’électricité utilisée est renouvelable.
Dans la pratique, les e-fuels resteront un marché de niche. Le coût de production actuel reste très élevé : à l’usine pilote Haru Oni de Porsche au Chili, on parle de plusieurs dizaines d’euros par litre, avec un objectif industriel d’environ 2 € le litre à l’horizon de la production à grande échelle. Les projections de l’ICCT situent le prix d’un plein de 50 litres à environ 140 € en 2030. L’exception e-fuels concernera donc surtout les voitures de collection et les sportives d’exception, pas la voiture familiale du quotidien.
Pourra-t-on encore rouler en voiture thermique après 2035 ?
Oui, sans ambiguïté. Si vous achetez une voiture essence ou diesel en 2030, vous pourrez l’utiliser jusqu’à sa fin de vie technique, soit potentiellement jusqu’en 2045 ou 2050. Ce que vous ne pourrez plus faire, c’est acheter un tel véhicule neuf chez votre concessionnaire à partir de 2035.
Une nuance toutefois sur le cadre local. La loi de simplification adoptée par le Parlement le 15 avril 2026 acte la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE) sur tout le territoire. La mesure reste suspendue à un examen possible par le Conseil constitutionnel (la disposition est susceptible d’être qualifiée de cavalier législatif), mais la trajectoire politique est désormais clairement dans le sens d’un assouplissement plutôt qu’à un durcissement. Concrètement, votre vieux diesel pourra continuer de rouler en ville comme à la campagne pour les années à venir, sans la menace d’une exclusion progressive des centres-villes telle qu’elle était prévue initialement.
Ensuite, le coût d’usage d’un thermique après 2035 risque d’augmenter : pièces détachées plus chères, valeur de revente qui s’érode, prix du carburant soumis aux politiques climatiques. Rouler en thermique restera possible, mais deviendra plus un choix patrimonial qu’économique.
Marché de l'occasion : un écosystème qui continue à tourner
C’est l’un des plus gros malentendus autour de 2035. Le marché de la voiture d’occasion n’est pas concerné par le règlement européen. Le 2 janvier 2035, particuliers, mandataires et concessions continueront de vendre et d’acheter des thermiques d’occasion. L’interdiction porte sur la vente de véhicules neufs, pas sur la revente.
À moyen terme, deux dynamiques s’installeront. D’un côté, un parc thermique vieillissant dont la valeur résiduelle se tassera à mesure que l’offre neuve bascule 100 % électrique. De l’autre, un marché de l’occasion électrique qui explose : en 2025, les VE neufs ont dépassé 20 % de part de marché en France, et au 1er trimestre 2026, l’électrique a atteint 28 % des immatriculations. Dans trois à cinq ans, trouver une citadine électrique d’occasion entre 10 000 et 20 000 € sera devenu banal.
Pour l’acheteur patient, c’est une excellente nouvelle. Pour le vendeur d’un thermique récent en 2030-2033, mieux vaut ne pas trop attendre : plus 2035 approche, plus la décote s’accélère.
Pourquoi il ne faut pas attendre 2035 pour passer à l'électrique
Attendre 2034 pour acheter votre dernière voiture thermique neuve est probablement la pire stratégie possible : vous passeriez à côté d’une décennie d’économies et de confort.
Premier levier : le coût total de possession (TCO). Sur 4 ans et 60 000 km, un véhicule électrique compact coûte déjà moins cher à l’usage qu’un équivalent thermique, grâce à une énergie moins chère, un entretien divisé par deux à trois et une fiscalité favorable.
Deuxième levier : l’accès aux centres-villes et aux zones restreintes. Même après la suppression annoncée des ZFE en avril 2026, certaines collectivités peuvent maintenir des dispositifs locaux (voies réservées, stationnement préférentiel, parkings dédiés). Le véhicule 100 % électrique reste classé Crit’Air zéro émission et conserve un accès prioritaire à ces dispositifs, aujourd’hui comme demain. C’est un point décisif si vous vivez ou travaillez en zone urbaine dense.
Troisième levier : le confort de conduite. Silence à bord, accélération linéaire, absence de vibrations, conduite à une pédale en ville. Les retours d’expérience convergent tous : une fois passé au VE, il est extrêmement rare de vouloir revenir en arrière.
Le réseau est déjà prêt pour l'après-2035
C’est l’argument de la peur de la panne qu’il faut ranger au placard. Fin décembre 2025, l’Avere-France recensait 185 501 points de recharge ouverts au public en France, en progression de 20 % sur un an. Fin janvier 2026, le cap des 189 943 points est franchi, et fin février 2026, plus de 190 800 points sont opérationnels. Pour visualiser le réseau en temps réel, la carte des stations Electra est mise à jour au fil de l’eau.
Sur les grands axes, la recharge rapide a changé de dimension. Les bornes de recharge rapide Electra délivrent jusqu’à 400 kW par point de charge, soit plusieurs centaines de kilomètres récupérés en une vingtaine de minutes. Nos stations sont déployées aux entrées de ville et près des grands axes, en France et dans sept autres pays européens. Pour un Paris-Marseille ou un Lyon-Bordeaux, la recharge s’intègre dans la pause déjeuner sans allonger le trajet.
Autrement dit, 2035 n’est pas un horizon technologique : c’est déjà une réalité en 2026. Les VE de dernière génération affichent entre 400 et 600 km d’autonomie WLTP et chargent à plus de 200 kW sur les bornes rapides. Le « réseau pas prêt » est un argument de 2018, plus de 2026.
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Notre réseau compte plus de 4 000 points de charge ultra-rapide sur 644 stations dans 10 pays européens. Leader de la recharge ultra-rapide en Belgique, deuxième opérateur en France, élu réseau le plus fiable d’Europe par Chargemap. Quand on recharge souvent sur nos stations de recharge rapide Electra, deux abonnements sans engagement font baisser le coût au kilowattheure :
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Questions fréquentes sur la fin des voitures thermiques en 2035
Pourrai-je encore rouler avec ma voiture essence ou diesel après 2035 ?
Oui. Le règlement européen 2023/851 interdit la vente de voitures thermiques neuves à partir du 1er janvier 2035, mais il n’interdit pas la circulation des véhicules déjà en parc. Vous pourrez continuer à rouler, à assurer et à revendre votre voiture actuelle tant qu’elle passe le contrôle technique et respecte les règles locales, notamment les ZFE.
Le marché de l’occasion thermique va donc persister longtemps après 2035. Les voitures déjà immatriculées par les particuliers ou par des sociétés (essence, diesel, hybrides) pourront continuer à circuler, être revendues, bénéficier de services d’entretien et trouver des équipements de rechange. Les groupes constructeurs comme BMW, Renault, Stellantis ou Volkswagen ont annoncé qu’ils maintiendraient à disposition les pièces détachées pendant au moins une quinzaine d’années après la fin de production des moteurs thermiques. Sur la durée, toutefois, les capacités industrielles dédiées aux moteurs essence ou diesel seront progressivement réservées aux usages restants, et les prix des entretiens pourraient grimper à mesure que la transition s’accélère. Pour comparer les deux univers, lisez notre dossier voiture électrique versus voiture thermique.
Non, le marché de l’occasion n’est pas concerné par le règlement de 2035. L’interdiction porte uniquement sur les voitures neuves. La revente entre particuliers ou via des professionnels continuera. La valeur résiduelle des thermiques récents devrait toutefois se tasser à mesure que la bascule vers l’électrique s’accélère.
Les e-fuels vont-ils vraiment sauver les voitures thermiques ?
Non. L’exception e-fuels, obtenue par l’Allemagne en mars 2023, autorise en théorie la vente après 2035 de voitures thermiques neuves fonctionnant exclusivement aux carburants de synthèse. Mais avec un coût de production actuel d’environ 10 € le litre et un prix à la pompe attendu entre 2,80 et 5 € le litre à moyen terme, les e-fuels resteront un marché de niche réservé aux voitures de collection et aux sportives d’exception.
La clause de revoyure 2026 va-t-elle faire annuler l'échéance de 2035 ?
Peu probable. En avril 2026, la Commission européenne a relancé les discussions dans le cadre d’un paquet d’accélération industrielle, mais les options évoquées (maintien de certains hybrides rechargeables, critères de contenu local, élargissement aux carburants décarbonés) visent plus à ajuster la trajectoire qu’à supprimer l’objectif. L’orientation de fond vers la mobilité électrique reste confirmée.
Faut-il acheter un véhicule électrique dès maintenant ?
Si vous changez de voiture dans les trois à cinq ans à venir, la réponse est clairement oui, pour trois raisons : TCO favorable dès aujourd’hui, accès garanti aux dispositifs locaux préférentiels (parkings, voies réservées) et au stationnement à tarif réduit dans certaines villes, et réseau de recharge rapide désormais mature. Si votre voiture actuelle roule encore bien, rien ne vous oblige à la remplacer dans l’urgence : la vente de neufs thermiques s’arrête en 2035, pas la circulation des véhicules existants.
Plusieurs études récentes (Avere-France, ACEA, McKinsey) confirment que le taux d’adoption du véhicule électrique va continuer de progresser sur les prochaines années en France comme en Europe. Pour ceux qui hésitent encore, des dispositifs comme le crédit affecté à taux préférentiel, le leasing social ou le remboursement partiel d’une borne à domicile permettent de bénéficier d’un accompagnement sur mesure. Avant tout achat, vérifiez votre éligibilité aux aides en vigueur (bonus écologique réservé aux modèles les plus vertueux, primes locales, exonération de taxe régionale dans certaines régions). La volonté politique européenne reste claire : démocratiser une mobilité bas carbone à l’horizon 2035, sans pénaliser celles et ceux qui rouleront encore en thermique d’ici là.
Ce qu'il faut retenir
En 2035, ce sont les ventes de voitures et d’utilitaires légers neufs thermiques qui s’arrêteront en Europe, pas la circulation des véhicules existants ni le marché de l’occasion. L’exception e-fuels restera une niche coûteuse, et la clause de revoyure 2026 vise à ajuster la trajectoire, pas à la supprimer. Le vrai sujet n’est pas 2035, c’est 2026 : durcissement des ZFE, TCO déjà favorable à l’électrique, maillage de bornes mature. Passer au VE dès votre prochain renouvellement vous fait entrer dans une mobilité plus économique et compatible avec les villes de demain.
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Rédigé par Nicolas, expert mobilité Electra
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