Obligation de voiture électrique en entreprise : ce que dit la loi en 2026
15 juin 2026
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Obligation de voiture électrique en entreprise : ce que dit la loi en 2026
Faut-il obligatoirement rouler en électrique quand on gère une flotte d’entreprise ? La réponse courte est non : la loi n’interdit pas d’acheter thermique. Mais elle rend cet achat de plus en plus coûteux. Depuis 2025, une taxe spécifique pousse les grandes flottes à intégrer une part croissante de véhicules propres, sous peine de payer. Le point sur qui est concerné, quels quotas s’appliquent en 2026, et combien coûte le fait de ne pas s’y conformer.
Les entreprises sont-elles obligées de passer à l’électrique ?
Pas au sens strict. Aucune loi n’impose aujourd’hui à une entreprise de n’acheter que des véhicules électriques. En revanche, les grandes flottes sont soumises à une obligation de verdissement : elles doivent intégrer chaque année une proportion minimale de véhicules à faibles émissions. Depuis le 1er mars 2025, le non-respect de cet objectif déclenche une taxe, la taxe annuelle incitative (TAI). Le thermique reste donc autorisé, mais il revient de plus en plus cher à l’échelle d’un parc.
Qui est concerné par l’obligation ?
La TAI vise les entreprises disposant d’une flotte d’au moins 100 véhicules légers, appréciée par entité juridique (numéro SIREN). En dessous de ce seuil, une société n’est pas redevable de la taxe. Les véhicules concernés sont les voitures particulières et les utilitaires légers affectés à l’activité. Les petites structures échappent donc au dispositif, mais les grands groupes, les loueurs et les gestionnaires de flotte sont en première ligne. À noter : le seuil s’apprécie sur le parc total détenu ou loué par l’entreprise, et non sur les seuls véhicules achetés dans l’année.
Les quotas et le calendrier jusqu’en 2030
L’objectif de véhicules à faibles émissions grimpe chaque année. Il était de 15 % en 2025, il passe à 18 % en 2026, et continuera d’augmenter jusqu’en 2030.
Année | Quota minimal de véhicules à faibles émissions |
2025 | 15 % |
2026 | 18 % |
2027 | 25 % |
2028 | 30 % |
2029 | 35 % |
2030 | 48 % |
Source : Légifrance (code des impositions sur les biens et services) et ecologie.gouv.fr, consultés en juin 2026.
Quels véhicules comptent comme « à faibles émissions » ?
Un véhicule est considéré comme à faibles émissions s’il rejette 50 g de CO2 par kilomètre ou moins en cycle WLTP, et respecte des seuils stricts de polluants. Concrètement, jusqu’en 2026, cela inclut les voitures 100 % électriques, à hydrogène, mais aussi certains hybrides rechargeables peu émetteurs. Point de vigilance : à partir de 2027, la définition se durcit, et seuls les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène seront comptabilisés. Les hybrides rechargeables sortiront alors du décompte.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
La TAI n’est pas une simple amende forfaitaire. Elle se calcule à partir de l’écart entre l’objectif et le nombre de véhicules propres réellement intégrés, pondéré par le rythme de renouvellement du parc. À cet écart s’applique un tarif unitaire par véhicule manquant, qui augmente avec le temps : 2 000 € en 2025, 4 000 € en 2026, et 5 000 € à partir de 2027. Pour une grande flotte en retard sur ses objectifs, la facture peut grimper vite, ce qui est précisément le but : rendre l’électrification plus rentable que l’inaction.
Comment se mettre en conformité ?
La logique est simple : intégrer assez de véhicules à faibles émissions pour atteindre, voire dépasser, le quota annuel. En pratique, cela passe par quelques étapes. D’abord, auditer son parc et repérer les véhicules les plus émetteurs, ceux qu’il faudra remplacer en priorité. Ensuite, planifier les renouvellements sur plusieurs années, en se calant sur la trajectoire des quotas plutôt qu’en réagissant dans l’urgence. Vient le choix des modèles : la bascule vers le 100 % électrique s’impose à mesure qu’on approche de 2027, date à laquelle les hybrides rechargeables ne compteront plus. Enfin, étape souvent sous-estimée, organiser la recharge en amont, pour que les véhicules électriques soient réellement utilisables au quotidien. Une flotte mal alimentée en énergie, c’est une électrification qui patine.
Quelles aides pour électrifier sa flotte ?
Côté soutien financier, les règles ont changé. Le bonus écologique n’est plus accessible aux personnes morales depuis fin 2024 : une entreprise ne peut donc plus compter dessus pour ses achats. D’autres leviers subsistent. La TVA sur l’électricité de recharge est récupérable, contrairement à une large part de celle du carburant, et les véhicules électriques bénéficient d’exonérations sur certaines taxes annuelles. Le leasing, enfin, reste un moyen courant d’étaler la dépense et de maîtriser la valeur de revente. Les montants et conditions évoluent souvent : mieux vaut les vérifier à la source officielle avant tout engagement. Le bon réflexe est de raisonner en coût total sur la durée de détention, aides comprises, plutôt qu’au seul prix d’achat.
LOM, TAI et bornes : ce qu’il faut distinguer
Le sujet prête à confusion, car deux obligations se superposent. La première, plus ancienne, vient de la loi d’orientation des mobilités (LOM) : elle imposait des quotas lors du renouvellement des flottes. Depuis 2025, c’est la TAI qui prend le relais, avec une logique différente : elle taxe l’écart à l’objectif sur l’ensemble du parc, pas seulement sur les nouveaux achats. La seconde obligation concerne les bornes : la loi impose un pré-équipement en points de recharge pour de nombreux parkings d’entreprise et de copropriété. Électrifier sa flotte et pouvoir installer des le prix d’une borne sont donc deux chantiers liés, mais distincts.
Anticiper plutôt que subir : le bon calcul
Au-delà de la contrainte, l’électrification d’une flotte a une logique économique. Une voiture électrique coûte moins cher à l’usage : l’énergie est plus économique que le carburant, surtout en recharge maîtrisée, et l’entretien est allégé. À l’échelle d’un parc de plusieurs centaines de véhicules, ces écarts se chiffrent vite en dizaines de milliers d’euros par an. Ajoutez la taxe évitée, et le calcul penche souvent en faveur d’une électrification anticipée plutôt que d’un attentisme qui cumule taxe et surcoût d’usage du thermique. Le tout est de ne pas négliger le poste recharge, qui peut faire ou défaire la rentabilité de l’opération. Beaucoup d’entreprises l’apprennent à leurs dépens : sans solution de recharge fiable, les conducteurs se détournent des électriques, et le parc ne verdit jamais vraiment.
Recharger une flotte électrique sans prise de tête
C’est souvent l’angle mort de l’électrification : on change les voitures, mais on oublie où et comment les recharger. Pour une flotte, la recharge se joue sur trois terrains : au dépôt de l’entreprise, au domicile des collaborateurs, et en itinérance pour les trajets. Sur ce dernier point, le réseau public rapide est décisif. Avec ses bornes de recharge rapide, Electra propose des points de charge jusqu’à 400 kW et une recharge qui démarre seule grâce à Autocharge, sans badge ni application. Pour les conducteurs, deux abonnements réduisent le coût à la borne :
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Questions fréquentes sur l’obligation de VE en entreprise
Les entreprises doivent-elles obligatoirement acheter des voitures électriques ?
Non. La loi n’interdit pas le thermique, mais les flottes de plus de 100 véhicules doivent atteindre un quota de véhicules à faibles émissions, sous peine de taxe.
Quel est le quota de véhicules propres en 2026
18 % de la flotte, contre 15 % en 2025. L’objectif monte ensuite à 25 % en 2027, puis jusqu’à 48 % en 2030.Qu’est-ce que la taxe annuelle incitative (TAI) ?
Une taxe due depuis le 1er mars 2025 par les flottes d’au moins 100 véhicules qui n’atteignent pas leur quota de véhicules à faibles émissions.
Les hybrides rechargeables comptent-ils dans le quota ?
Oui jusqu’en 2026, s’ils émettent 50 g de CO2/km ou moins. À partir de 2027, seuls les 100 % électriques et l’hydrogène seront comptabilisés.
Une entreprise doit-elle installer des bornes de recharge ?
Un pré-équipement en bornes est imposé pour de nombreux parkings professionnels et de copropriété. C’est une obligation distincte de la taxe sur les flottes.
Ce qu’il faut retenir
L’obligation n’est pas un interdit, mais un signal de prix de plus en plus net. Les flottes de plus de 100 véhicules doivent verdir, avec un quota qui passe à 18 % en 2026 et grimpe jusqu’à 48 % en 2030, sous peine d’une taxe qui s’alourdit chaque année. Anticiper coûte presque toujours moins cher que subir. Le vrai chantier, au-delà de l’achat des véhicules, c’est d’organiser leur recharge : au dépôt, au domicile et en itinérance. C’est là que se joue la réussite, ou l’échec, d’une électrification de flotte.
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Rédigé par Nicolas, expert mobilité Electra
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