Audi A2 e-tron : l’efficience change le calcul à la borne
28 août 2026
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Audi A2 e-tron : pourquoi l’efficience change le calcul à la borne
Audi revendique 105 kW de puissance de charge sur sa future compacte électrique. Sur le papier, c’est deux fois moins qu’une berline premium. En pratique, cela ne veut rien dire tant qu’on ne regarde pas l’autre chiffre : 12,8 kWh aux 100 kilomètres. Parce qu’à ce niveau de sobriété, vingt-six minutes de charge rendent plus de kilomètres qu’une demi-heure sur bien des voitures mieux dotées. Voici ce qu’Audi a officiellement communiqué, et ce que cela change pour vos arrêts. Publié le 26 août 2026.
Ce qu’Audi a officiellement annoncé
Le constructeur a confirmé en mars 2026 une nouvelle famille de modèles électriques d’entrée de gamme baptisée A2 e-tron, produite à Ingolstadt, avec une première mondiale annoncée pour l’automne. Le nom est un hommage revendiqué à l’A2 originale, qu’Audi décrit comme ayant ouvert la voie à l’efficience et à la mobilité urbaine il y a plus de vingt-cinq ans.
En août, le constructeur a livré le volet technique, centré sur un seul argument : l’efficience. La voiture reposerait sur la plateforme MEB dans sa dernière évolution, avec trois capacités de batterie au lancement et quatre niveaux de puissance. Audi n’a pas confirmé publiquement cette plateforme.
Version | Batterie nette | Autonomie WLTP annoncée |
190 ch | environ 58 kWh, chimie LFP | environ 499 km |
231 ch | environ 79 kWh | jusqu’à 649 km |
326 ch | environ 79 kWh | environ 631 km |
Ces capacités et autonomies ont été communiquées lors d’un essai de prototype et ne sont pas encore homologuées. L’autonomie maximale de 649 km provient d’une page du site allemand d’Audi publiée puis retirée : à considérer au conditionnel jusqu’à la première mondiale.
D’où viennent les 12,8 kWh aux 100 kilomètres
C’est le bas de la fourchette officielle, annoncée de 15,6 à 12,8 kWh aux 100 kilomètres et présentée comme provisoire. Le 12,8 concerne la seule version 190 ch équipée du pack efficience. Audi revendique la voiture la plus efficiente de son histoire, et détaille les gains poste par poste, ce qui est assez rare pour être souligné.
L’aérodynamique d’abord, avec un coefficient de traînée de 0,24, le meilleur de la gamme compacte de la marque. Rideaux d’air, entrée d’air active, fond plat et volets actifs apportent ensemble jusqu’à 0,9 kWh aux 100 kilomètres de gain.
L’électronique de puissance ensuite. Les onduleurs en carbure de silicium, les tôles statoriques optimisées et une huile de transmission à faible friction font gagner jusqu’à 10 % d’efficience à l’ensemble de la chaîne de traction.
Un journaliste ayant essayé un prototype de la version 58 kWh a relevé 12,2 kWh aux 100 kilomètres sur un parcours favorable et 13,6 kWh en usage mixte. Des mesures non homologuées, mais qui confirment l’ordre de grandeur.
105 kW et 26 minutes : pourquoi c’est suffisant ici
Les 105 kW de puissance de charge en courant continu et la plage de 10 à 80 % en vingt-six minutes proviennent des informations transmises à la presse lors de l’essai d’un prototype, sur la version LFP d’environ 61 kWh bruts. Le communiqué officiel d’Audi ne les mentionne pas : à considérer au conditionnel jusqu’à la première mondiale. Cette valeur suppose d’ailleurs une courbe de charge très plate, autour de 94 kW de moyenne, ce qui serait remarquable sur une batterie LFP en 400 volts.
Ces 105 kW situent la voiture dans la moyenne du segment, aux côtés des Volkswagen ID. Polo, Cupra Raval ou Škoda Epiq. Mais le raisonnement habituel, qui consiste à comparer les puissances entre elles, passe à côté de l’essentiel.
Faisons le calcul, en prenant soin de comparer ce qui est comparable. Charger de 10 à 80 % une batterie de 58 kWh nets revient à transférer environ 40,6 kWh dans la voiture. La consommation réellement dépensée par la voiture, telle qu’elle ressort du rapport entre la batterie et l’autonomie annoncée, s’établit à 11,6 kWh aux 100 kilomètres : les 12,8 kWh communiqués par Audi sont mesurés à la prise, pertes de charge comprises. Cela représente environ 350 kilomètres récupérés en vingt-six minutes. À la consommation mixte relevée sur prototype, on tombe autour de 300 kilomètres. Sur autoroute, où la consommation grimpe nettement, comptez sensiblement moins.
À titre de comparaison, un SUV électrique consommant 22 kWh aux 100 kilomètres devrait transférer 77 kWh pour rendre les mêmes 350 kilomètres. Même avec une puissance de charge deux fois supérieure, il ne va pas deux fois plus loin par arrêt. C’est toute la démonstration de cette voiture : l’efficience fait le travail que la puissance de pointe est censée faire, et elle le fait sans surcoût d’infrastructure.
Ce raisonnement a une limite qu’il faut poser clairement : il vaut pour des arrêts complets. Pour qui enchaîne des recharges très courtes, une puissance élevée reste un avantage.
Le rendement de charge, une donnée presque jamais publiée
Audi communique un rendement de charge en courant alternatif de 89,6 %, en progression de 1,3 point grâce à une stratégie de refroidissement optimisée. C’est une donnée que pratiquement aucun constructeur ne rend publique, et elle a un effet très concret sur votre facture.
Un rendement de 89,6 % signifie que pour stocker 58 kWh dans la batterie, il faut en tirer environ 65 kWh de la prise. Les 6,7 kWh de différence partent en pertes, dans le chargeur embarqué et la gestion thermique. Au tarif réglementé en heures creuses en vigueur depuis le 1er août 2026, soit 0,1589 € le kilowattheure, cela représente un peu plus d’un euro par charge complète. Pour 15 000 kilomètres par an rechargés à domicile, les pertes représentent environ 200 kWh, soit une trentaine d’euros.
Ce poste n’apparaît sur aucune fiche technique et n’entre dans aucun comparatif. Il reste modeste, mais deux points de rendement d’écart entre deux voitures se paient tous les mois, et il faut trois fois plus d’énergie perdue à une voiture mal isolée thermiquement pour parcourir la même distance.
L’A2 e-tron dispose par ailleurs de la charge bidirectionnelle en série. Le V2L, qui permet d’alimenter un appareil depuis la voiture, et le V2H, qui permet d’alimenter une maison, seront disponibles en France, en Allemagne, en Autriche et en Suisse. En France, le V2H suppose en revanche une borne bidirectionnelle compatible et une déclaration auprès du gestionnaire de réseau : la fonction existe dans la voiture, elle ne s’active pas sur simple branchement.
Ce qu’Audi n’a pas encore dit
Autant être direct : sur notre terrain, il manque des données, et ce sont des données importantes.
La puissance de charge en courant alternatif n’a pas été communiquée. On ignore donc si la voiture accepte 11 ou 22 kW, ce qui change le temps de charge à domicile du simple au double sur une installation triphasée.
La puissance de charge de la version 79 kWh serait de 183 kW selon les informations transmises à la presse lors de l’essai prototype, mais Audi ne l’a pas publiée.
Ni la courbe de charge, ni la puissance moyenne sur la plage 10 à 80 %, ni le fonctionnement du préconditionnement n’ont fait l’objet d’une communication. Les temps de charge des versions 51 et 79 kWh non plus.
Enfin, aucun prix officiel n’existe. Le chiffre de 38 200 € qui circule pour l’Allemagne provient de la même page retirée que l’autonomie de 649 km, et aucun tarif français n’a été annoncé.
L’architecture est très probablement en 400 volts, ce qui est la norme sur plateforme MEB, mais Audi ne l’a jamais énoncé explicitement.
Le retour de l’A2, ou la troisième tentative
L’histoire mérite d’être racontée, parce qu’elle éclaire le pari d ’aujourd’hui.
L’Audi A2 originale a été produite de 1999 à 2005 à environ 176 000 exemplaires. Structure en aluminium, 3,80 mètres de long, à partir de 855 kilos sur la version la plus légère : une voiture en avance, et coûteuse à fabriquer. Sa version 3L 1.2 TDI fut la première cinq portes vendue en Europe sous les 3 litres aux 100 kilomètres. Elle a été arrêtée parce que, selon la presse allemande de l’époque, Audi perdait de l’ordre de 7 000 € sur chaque exemplaire produit.
En 2011, Audi présentait une A2 Concept électrique, avec 24 kWh de batterie et 200 kilomètres annoncés. Le projet a été abandonné dès juin 2012, faute de marché et devant un prix prévisionnel supérieur à 40 000 €.
Audi a donc eu deux fois la bonne idée au mauvais moment. La troisième tentative arrive avec un marché mûr, une plateforme amortie et des coûts de batterie sans commune mesure avec ceux de 2011. Le pari reste le même qu’en 1999 : miser sur la sobriété plutôt que sur la puissance.
Questions fréquentes sur l’Audi A2 e-tron
Quelle est la puissance de recharge de l’Audi A2 e-tron ?
Les informations transmises lors de l’essai prototype font état de 105 kW en courant continu sur la version LFP d’environ 61 kWh bruts, avec une plage de 10 à 80 % en vingt-six minutes. Audi ne les a pas confirmées dans son communiqué, et la puissance en courant alternatif n’a pas été communiquée.
Quelle autonomie annonce l’Audi A2 e-tron ?
Environ 421 km, 499 km et jusqu’à 649 km selon la batterie, sur des valeurs non encore homologuées. La consommation annoncée va de 15,6 à 12,8 kWh aux 100 kilomètres selon la version, à titre provisoire.
Quand l’Audi A2 e-tron sera-t-elle présentée ?
Audi annonce une première mondiale à l’automne 2026. La voiture est attendue au Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre, sans confirmation officielle du constructeur à ce jour.
Quel prix pour l’Audi A2 e-tron ?
Aucun prix officiel n’a été communiqué. Un tarif d’environ 38 200 € a circulé pour l’Allemagne, issu d’une page Audi publiée puis retirée, et doit donc être pris avec prudence.
L’A2 e-tron peut-elle alimenter une maison ?
Oui, la charge bidirectionnelle est de série et le V2H sera disponible en France. Il suppose en revanche une borne bidirectionnelle compatible et une déclaration auprès du gestionnaire de réseau.
Notre lecture
Cette voiture déplace le débat. On a pris l’habitude de juger une électrique à sa puissance de charge, comme on jugeait autrefois une thermique à sa puissance moteur. L’A2 e-tron rappelle qu’à la borne, ce qui compte est le nombre de kilomètres récupérés, pas le nombre de kilowatts encaissés. Avec une consommation de l’ordre de 12 kWh aux 100 kilomètres, ses 105 kW rendent environ 350 kilomètres en vingt-six minutes, ce qu’un SUV plus gourmand n’atteint pas malgré une puissance double.
Il manque encore des chiffres, et pas des moindres, à commencer par la puissance de charge en courant alternatif et le prix français. Nous mettrons cet article à jour après la première mondiale.
Une compacte comme l’A2 e-tron n’utilisera qu’une fraction de la puissance disponible sur nos bornes de recharge rapide, qui montent jusqu’à 400 kW par point de charge, et c’est très bien ainsi : ce qui compte est qu’elle obtienne ses 105 kW du début à la fin, sans alimentation partagée avec la borne voisine. Autocharge lance la recharge automatiquement, sans badge ni application.
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Source : tarifs Electra et page Electra+, consultés le 26 août 2026.
Pour situer cette puissance de charge par rapport aux autres modèles, consultez notre tableau des temps de recharge et notre guide sur la recharge rapide. Les stations proches de chez vous sont sur la carte Electra.
Les données d’efficience citées proviennent des communiqués publiés par Audi en mars et août 2026. Les valeurs de recharge et de capacité proviennent d’un essai de prototype et ne sont pas encore confirmées par le constructeur.
Rédigé par Nicolas - Expert mobilité électrique chez Electra
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